Domaine

Le printemps au Domaine

Les beaux jours arrivent et cela se fait ressentir au Domaine de Graux. Les troupeaux rejoignent tout doucement les prairies après un hiver à l’abri, le maraîchage bat son plein et le Domaine s’anime doucement au rythme des saisons. Une belle période qui s’annonce au Domaine.

Au cœur du maraîchage

Le printemps, c’est la saison du chou romanesco, du mesclun et des radis. Au printemps, on plante également de plus petits volumes de fenouil, d’aubergines, de poivrons, de haricots, de salades, de choux-raves, de bettes et d’oignons ciboules afin de les cultiver en été.

La terre s’améliore d’année en année et ça se voit. Comparée à la terre de l’extension du maraîchage, encore compactée, l’ancienne partie du maraîchage présente une meilleure qualité, ce qui témoigne de l’amélioration progressive de la structure du sol, de sa porosité et de son activité biologique.

Pour préparer les planches tout en préservant la vie du sol, la méthode reste la même. On attend que la terre soit bien ressuyée après l’hiver, puis on passe la grelinette pour décompacter la terre en profondeur sans la retourner. On apporte également du compost pour nourrir les micro-organismes, ameublir la terre afin qu’elle soit plus légère et améliorer sa capacité de rétention en eau. On termine par un léger passage de herse rotative sur les premiers centimètres.

Justine harvests the turnips

Face aux Saints de Glace, on reste prudent. Les premiers légumes fragiles entrent en serre début avril et on attend le milieu du printemps pour planter à l’extérieur. Des voiles de forçage sont prêts en cas de coup de froid. Ces voiles P19*, d’un grammage de 19 g/m², permettent de gagner quelques degrés et limitent l’impact du vent. Ils nécessitent toutefois davantage de travail, puisqu’il faut d’abord installer des arceaux avant d’y déposer les voiles. Il faut également poser des sacs de lestage afin d’éviter qu’ils ne se soulèvent ou ne se déplacent. Dès mars-avril, les variétés résistantes prennent place en pleine terre.

Les légumes d’été, eux, patientent jusqu’au 15 mai : les tomates et les concombres sont plantés en serre, tandis que les courgettes sont plantées en extérieur.

*Poids de matière au m² : 19 g/m²

Wheelbarrels stacked at the garden shed
lambsear lettuce arranged in crates

L’entretien et la préparation des prairies

Avant de laisser les vaches retrouver l’herbe, Astrid, en collaboration avec l’équipe d’André, prend le temps de faire le tour des clôtures et des prairies pour vérifier que tout est en ordre après l’hiver. C’est aussi le bon moment pour sortir les outils horticoles afin de préparer au mieux les prairies pour le printemps : l’équipe herse les parcelles et nivelle les champs, notamment là où les taupes ont créé des bosses.

Ces irrégularités peuvent en effet s’avérer dangereuses pour les machines agricoles et les pattes des animaux, tout en nuisant à la bonne pousse de l’herbe. Un travail bien fait maintenant, c’est une herbe plus dense et plus nutritive pour toute l’année.

cows grazing in the spring meadow

Le retour au pâturage

Le retour se fait ensuite progressivement, en douceur, avant que le cycle de rotation reprenne son rythme naturel.

Galops, repos sous les arbres fruitiers, comportements naturels retrouvés… Le retour en prairie, c’est un de ces moments qui récompensent tous les efforts de l’hiver. Astrid continue de prendre le temps d’aller saluer chaque animal, d’observer ses habitudes et de noter ses petites manies. Un lien qui se tisse saison après saison.

Entre l’hiver et le printemps, le corps des vaches traverse une véritable transition. L’herbe fraîche apporte une énergie toute nouvelle et l’organisme a besoin de temps pour s’adapter.

Astrid aime préparer ses propres mélanges naturels pour soutenir l’immunité, favoriser la digestion et accompagner les transitions saisonnières. Elle dispose plusieurs seaux dans la prairie, chacun contenant une recette différente : des associations de minéraux, d’oligo-éléments et d’herbes séchées, choisies selon ce qui lui semble utile à cette période de l’année. Ensuite, elle observe les animaux.

Elle prépare elle-même ces mélanges afin de suivre les indices métaboliques des vaches et d’identifier leurs besoins prioritaires en matière de santé.

La dernière taille des vergers

Le printemps s’annonce dès le mois de mars. Au verger, la sève monte et les bourgeons se forment. Les premières fleurs des pruniers et des cerisiers ont déjà révélé leur beauté dans le verger.

Fin février, début mars, c’est le tout dernier moment pour tailler les pommiers et les poiriers avant qu’ils ne débourrent.

Ici, on taille selon la technique de l’axe central. Pour simplifier, une fois l’arbre formé, on procède à une taille légère qui permet de guider l’arbre vers un port plus naturel afin d’optimiser la production de fruits, dans le respect de sa croissance naturelle. Prendre soin de la santé des arbres permet d’assurer une bonne circulation de l’air et une bonne pénétration de la lumière.

On vérifie également les protections autour des troncs : sont-elles assez larges ? N’abîment-elles pas les arbres ? Offrent-elles encore une résistance suffisante face aux Angus ?

Ensuite, on désherbe autour des pieds et on fait le tour du verger pour évaluer l’état sanitaire des arbres. Et on espère qu’il ne gèlera pas trop tard dans la saison.

À la fin de l’hiver, nous avons aussi installé de nouveaux nichoirs et réparé ceux qui avaient besoin d’un peu d’entretien.

the orchard in early spring, blossoming

La préservation de la faune sauvage

Pour préserver et favoriser la faune sauvage, insectes et pollinisateurs compris, plusieurs aménagements ont été réalisés au sein de notre biotope : entretien des étangs, mise en place de bandes herbeuses dans les zones cultivées et plantation de haies. Ces espaces constituent autant de zones de nourriture et d’abris pour la faune locale. Si leurs effets positifs s’inscrivent dans le long terme, ils contribuent dès à présent à enrichir la biodiversité de l’ensemble de notre écosystème.

Selon l’État de l’environnement wallon, près de 40 % des types d’habitats en Région wallonne présentent déjà une tendance à l’amélioration. Nos différents aménagements contribuent directement à cette évolution en favorisant la biodiversité et la qualité des écosystèmes.

Amaury et Claude, gardes-chasse au Domaine, assurent un suivi régulier des animaux présents en estimant les populations en fonction du nombre d’hectares du Domaine. Cela permet d’évaluer l’évolution de la faune sauvage sur l’ensemble du territoire.

Le printemps est la saison la plus animée : c’est le temps des accouplements, des nidifications, des naissances et des éclosions. Les animaux sont bien plus actifs qu’en hiver, notamment grâce au retour de la nourriture. Les naissances se déroulent de mars à mai, les faons arrivant un peu plus tard, vers la mi-mai. On commence également à observer les bouquinages entre lièvres mâles, les parades des faisans et les premières éclosions de canetons.

2 hares looking over the pasture with trees in the background

Cette année, leur comportement reste similaire à celui de l’an dernier, si ce n’est qu’ils s’éloignent davantage des zones de travaux pour trouver la tranquillité.

Ces observations confirment les effets positifs de l’agroécologie sur la faune sauvage, une approche qui place la biodiversité au cœur de la gestion du Domaine.

En 2024, nous avons pu sauver une chevrette et un brocard au moment de la fauche, une période particulièrement critique pour les jeunes animaux, grâce à l’association Sauvons Bambi Belgique. Ces passionnés de nature proposent bénévolement leurs services aux agriculteurs et aux communes. À l’aide d’un drone équipé d’une caméra thermique, ils parviennent à détecter les cervidés ainsi que les oiseaux qui nichent au sol. Grâce à ses pilotes volontaires, l’association a réussi à sauver 834 faons en Belgique en 2023.

Au Domaine de Graux, cette intervention sera renouvelée avant chaque fauche.

La maintenance au Domaine

Chaque année, le rituel est le même. À cette saison, André et son équipe prennent en charge la maintenance du Domaine.

L’une des missions consiste à observer attentivement les arbres. Lorsqu’ils abattent un arbre mort pour libérer de la lumière pour les arbres voisins, rien ne se perd. Les branches sont ensuite passées à la broyeuse pour être transformées en copeaux, qui seront utilisés au maraîchage, dans les champs ou pour les animaux.

Les chemins sont aussi inspectés après l’hiver. Les trous sont repérés et rebouchés au fur et à mesure. Les bâtiments ne sont pas oubliés : corniches, tuiles, feuilles accumulées… Tout est passé en revue pour repartir sur de bonnes bases.

Enfin, les étangs sont vérifiés afin d’éviter tout bouchon ou barrage, et les fossés sont nettoyés.

The Maintenance teams driving around the domaine

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